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Thursday, December 7, 2017

"Our Tainted Nature's Solitary Boast"

La Fête de l’Immaculée
8 décembre 2017 - Fribourg
Prov. 8: 22-35
Luc. 1, 26-28

Tota pulchra es, María: et mácula originális non est in te.
Vous êtes toute belle, ô Marie, et la tache originelle n’est pas en vous.

Je suis né le 14 août 1950, donc l’année de la définition du dogme de l’Assomption. C’est peut-être la raison pour laquelle j’ai toujours eu un rapport spécial à ce mystère de Marie, accueillie corps et âme au ciel. Quand j'étais au catéchisme à l’école primaire, j'avais l'idée (bien sûr erronée) que le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, que nous célébrons aujourd’hui, avait été défini un siècle avant celui de l’Assomption parce que celui-ci soulevait de plus grandes difficultés doctrinales. C'était une logique enfantine selon laquelle les choses les plus faciles sont faites en premier…

A propos de la fête d’aujourd’hui : on constate que le dogme de l'Immaculée Conception est souvent confondu avec l'Annonciation, c'est-à-dire le moment de la conception de Jésus dans le sein de Marie, fêtée le 25 mars, neuf mois avant Noël, la Nativité du Seigneur. En fait, aujourd'hui, 8 décembre, nous célébrons Marie conçue sans péché originel, et qui naîtra à ses saints parents, Anne et Joachim, neuf mois plus tard, le 8 septembre. Aujourd'hui, nous célébrons la Divine Providence qui, de toute éternité, a voulu préserver la Mère de Dieu de toute souillure du péché originel et aussi actuel. Comme le dit, en parlant d’elle, le poète William Wordsworth : “Our tainted nature’s solitary boast”[1] (l'unique fierté de notre nature contaminée).

Dans la fête d’aujourd’hui, nous sommes surtout appelés à nous réjouir de cette particularité de l'histoire de notre salut. La sainteté du premier instant de l'existence de Marie est un indice, et certainement le plus significatif, de la sublimité des dispositions prises par Dieu pour sauver le monde dans l'Incarnation du Verbe, la naissance de son Fils unique. L'étoile de Bethléem a sa signification cosmique pour indiquer le début d'une époque sans précédent dans l'histoire du monde, mais nous pouvons voir plus profondément le grand mystère accompli dans le Christ en contemplant le « fiat », le « oui », de l’Immaculée qui consent à coopérer avec ce plan divin pour la rédemption du monde.

Dans un sens, pour notre vie de foi, il n'est besoin de rien d’autre : en connaissant Marie dans son élection dès l'éternité, nous pouvons accéder à la volonté de Dieu, le Très-Haut, pour nous pauvres fils et filles d'Adam et Eve. Cela se voit dans le choix de l'épître de la Messe pour aujourd'hui, où l'Église dans la prière établit un lien entre la Mère de Dieu et la Sagesse éternelle.

Qui me invénerit, invéniet vitam et háuriet salútem a Dómino.
Celui qui me trouvera, trouvera la vie, et puisera le salut dans le Seigneur.

Marie Immaculée est la clé d’interprétation du mystère de notre salut en Christ ; Connaître la Vierge Mère sans tache, sans péché depuis le commencement, nous ouvre l'immensité de ce que Dieu a voulu dans Son Fils unique fait homme.

C’est pourquoi je pourrais m'arrêter ici dans la contemplation de la Vierge Immaculée, point de référence et ancrage de notre foi en Jésus qui nous sauve. Ce serait un cadeau, une contribution décisive à la conversion de beaucoup. Mais, en tant que prédicateur, j'ai le devoir non seulement d'augmenter la dévotion, mais aussi de susciter en vous et en moi le progrès dans notre vie, notre comportement, et cela pour notre propre bien et pour le salut de ceux qui ne connaissent pas encore Jésus ou qui n'ont qu'une foi tiède ou indifférente. C'est-à-dire que je dois faire mon possible pour éloigner de nous le péché et l'indifférence envers nos devoirs de baptisés.

Saint Augustin, dans le chapitre 18 du livre 7 de ses Confessions, intitulé dans l'édition française que j’ai consultée : "Jésus-Christ seul est la voie du salut", prie notre Père céleste et parle de son processus de conversion du péché à la vie :
Et je cherchais la voie où l’on trouve la force pour jouir de vous, et je ne la trouvais pas que je n’eusse embrassé « le Médiateur de Dieu et des hommes, Jésus-Christ homme (I Tim. II, 5) ; Dieu souverain, béni dans tous les siècles (Rom. IX, 5) ; » qui nous appelle par ces paroles « Je suis la voie, la vérité, la vie (Jean, XIV, 6) ; » et qui unit à notre chair une nourriture dont ma faiblesse était incapable. Car le Verbe s’est fait chair (Ibid. I, 14), afin que votre sagesse, par qui vous avez tout créé, devînt le lait de notre enfance.

Dans l’évangile, dans le récit de la Passion et la mort de Jésus sur la croix, on parle de l’obscurité en plein jour et du tremblement de terre qui a divisé en deux le voile devant le Saint des Saints du Temple, à Jérusalem. Il n'y a pas de substitut à l’œuvre de Jésus pour notre salut. Dans la prédilection du Père Éternel pour Marie, Mère de Son Fils, nous voyons la sublimité que Dieu a voulu restituer à notre nature humaine. Déchirer le voile de l’époque passée, nous voyons en Marie l'Immaculée l'Arche de l'Alliance qui concentre la dévotion de son peuple au seul Dieu vivant et vrai dans son Fils Jésus.
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Heute feiern wir die göttliche Vorsehung, die von Ewigkeit her die Mutter Gottes vor jedem Makel der Sünde bewahren wollte. Und zwar besonders vor dem Makel der Erbsünde, aber auch vor jedem Makel der persönlichen Sünde. Wie der Dichter William Wordsworth schrieb: „Our tainted nature's solitary boast…“ (Der einzige Ruhm unserer verdorbenen Natur).
Die Heiligkeit Marias vom ersten Augenblick ihrer Existenz an ist ohne weiteres der bedeutungsvollste Hinweis auf die Erhabenheit mit der Gott bei der Menschwerdung seines einzigen Sohnes zur Rettung der Welt arbeitet. Der Stern von Bethlehem hat seine kosmische Bedeutung, um den Anfang einer neuen und nie dagewesenen Epoche in der Weltgeschichte anzuzeigen. Aber wir können uns wohl noch tiefer bewusst werden, wie gross das Geheimnis Christi ist, wenn wir das „fiat“/das Ja-Wort Marias betrachten, Ihre Zustimmung zur Mitwirkung am göttlichen Plan zu Erlösung der Welt. In gewisser Weise brauchen wir für unser Glaubensleben nicht mehr als das Geheimnis Marias zu kennen: Wenn wir Maria erkennen in ihrer ewigen Erwählung, so können wir den Heilsplan des höchsten Gottes mit uns armen Kindern Adams und Evas erfassen.
Oh Maria, ohne Erbsünde empfangen, bitte für uns, die wir bei dir Zuflucht suchen!
O Marie, conçue sans péché originel, prie pour nous qui avons recours à toi !
Sancta Maria, Stella Orientis, filios tuos adiuva! Ora pro nobis, Sancta Dei Genitrix, nunc et in hora mortis nostrae, Amen!






[1] The Virgin
BY WILLIAM WORDSWORTH

Mother! whose virgin bosom was uncrost
With the least shade of thought to sin allied.
Woman! above all women glorified,
Our tainted nature's solitary boast;
Purer than foam on central ocean tost;
Brighter than eastern skies at daybreak strewn
With fancied roses, than the unblemished moon
Before her wane begins on heaven's blue coast;
Thy image falls to earth. Yet some, I ween,
Not unforgiven the suppliant knee might bend,
As to a visible Power, in which did blend
All that was mixed and reconciled in thee
Of mother's love with maiden purity,
Of high with low, celestial with terrene!


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